Première Tricolore à avoir soulevé le trophée de la Ligue des Champions, Stéphanie Cano, ancienne
capitaine de l’équipe de France, pose son regard avisé sur cette compétition prestigieuse.
Drapée dans la douce quiétude de sa Gironde natale, œuvrant pour le club de Bègles-Bordeaux, actuel leader de la Division 2, Stéphanie Cano en a fini avec le tumulte des grandes joutes européennes. A trente-cinq ans, l’ancienne internationale noircit tranquillement les dernières pages de sa très riche carrière, ponctuée notamment de deux finales de Ligue des Champions, dont l’une remportée avec le club danois de Slagelse en 2004.
• Si vous deviez définir la Ligue des Champions en quelques mots ? « La Ligue des Champions réunit la crème de la crème. Le niveau d’exigence est comparable à celui pratiqué en sélection nationale. Cela procure des émotions particulières, incomparables avec celles véhiculées par un championnat national. C’est un autre monde. »
• Quels souvenirs gardez-vous de vos deux épopées européennes ? « Avec Valence, en 2003, je me souviens que nous avions tiré sur la corde, tant physiquement que psychologiquement. Le groupe était relativement restreint, et mener de front championnat d’Espagne et Ligue des Champions n’avait pas été une sinécure. L’année suivante, je l’emportais finalement avec Slagelse. »
• Une image de cette finale ? « Je me revois discuter avec Camilla Andersen avant la rencontre. Moi, j’étais toute tendue, surexcitée, presque anxieuse. Elle, de son côté, se montrait étonnamment calme. Elle m’a confié ce soir-là : "Peu m’importe de réaliser personnellement un bon match. Le plus important est de faire de son mieux, de donner son maximum". Venant de la bouche de la meilleure joueuse du monde, ces paroles apportent une grande sérénité à une équipe. »
« Culture sportive différente »
• Au-delà du rôle prépondérant des leaders, comme le fut Andersen pour vous, quels sont les ingrédients requis pour réussir sur la scène européenne ? « Il faut un sept majeur de niveau international, ceci à tous les postes. Il y a aussi des exigences physiques à remplir : puissance, rapidité et endurance. Ensuite, ce qui apparaît comme un élément prépondérant réside dans le mental : il faut des nerfs d’acier pour arriver au bout. »
• A l’heure où Metz entame ses pérégrinations en Ligue des Champions, que pensez-vous de ses trois adversaires ? « Ljubljana, Hypo et Aalborg ? Ce sont des noms qui résonnent dans le paysage handballistique européen. Ces trois formations ont déjà flirté avec le très haut niveau. Elles pourront s’appuyer sur cette expérience qui est un facteur déterminant en Ligue des Champions. A mon sens, on ne peut pas parler de tirage facile. »
• Pouvez-vous nous parler d’Aalborg, une formation que vous avez rencontrée lors de votre exode au Danemark ? « C’est l’équipe danoise par excellence. Elle s’appuie sur un collectif dynamique, rapide et véloce. Soit tout ce qui gêne habituellement les clubs français. »
• Comment expliquez-vous cette domination des clubs nordiques sur le Vieux continent ? « Là-bas, à part la bicyclette et le handball, il n’y a pas grand-chose à faire (rires). Au Danemark, le handball féminin a été érigé en sport national : il y a un gros sponsoring, un suivi TV et donc de l’argent qui afflue pour le recrutement. »
• Soit une différence abyssale avec le championnat de France. Les moyens constituent donc le principal facteur de réussite ? « Non, pas seulement. Il ne suffit pas d’aligner les meilleures joueuses mondiales pour remporter des titres. La culture sportive diffère grandement. Au Danemark, il n’y a pas cette hiérarchie de pouvoirs entre entraîneur et joueuses. Le technicien n’est pas là pour châtier son équipe. Il n’y a pas de fracture : l’idée est de former une alliance de personnes convergeant toutes vers un même objectif. »
Hand7 : Comment avez-vous vécu votre retour au sein de l’équipe de France ?
Guillaume Joli : C’est toujours un honneur de porter le maillot tricolore. Et c’est toujours aussi agréable d’évoluer dans ce groupe. Je suis heureux d’avoir pu retrouver la sélection de suite après mon retour de blessure. J’ai effectué une bonne préparation dans ce sens et je suis content que ça ait payé.
Hand7 : Comment s’est passé le stage ?
G. J. : J’ai passé une super semaine. Il y a vraiment une bonne ambiance au sein du groupe. En plus, cette fois-ci nous nous sommes retrouvés à trois Chambériens. Cyril Dumoulin est plus qu’un coéquipier, c’est un ami. Et j’étais content d’être présent pour sa première sélection. C’est un bosseur. Et comme tout le monde, c’était un rêve pour lui de jouer en équipe nationale. Dimanche, il a fait une bonne entrée face à l’Espagne. C’est vraiment super pour lui.
Hand7 : L’équipe de France a disputé deux rencontres qui se sont terminées par une belle victoire en Serbie (28-34) et un match nul en Espagne (23-23). Quel bilan dressez-vous après ces deux confrontations ?
G. J. : Nous avons disputé deux matchs avec deux grosses ambiances. En Serbie, nous avons fourni une prestation sérieuse. Et face à l’Espagne, nous nous attendions à une grosse opposition. Les Espagnols ont effectué une semaine de stage seulement pour préparer cette rencontre. Nous avons fait match nul mais c’est un résultat positif. Car même si nous n’avons pas fait une bonne partie, ce nul est de bon augure quand on sait que leur gardien Arpad Sterbik a réalisé 27 arrêts et que l’équipe était poussée par 12 000 spectateurs…
Hand7 : Le groupe pense-t-il déjà au championnat d’Europe en Autriche en janvier prochain ?
G. J. : Pas vraiment. L’importance de ce stage résidait plus dans le fait de se retrouver. Nous avons tous des calendriers très chargés et cela nous fait du bien de nous réunir et de partager des moments. Il faut que le groupe continue à se souder.
Hand7 : Entre la Ligue des Champions et le championnat, une semaine chargée vous attend avec Chambéry…
G. J. : Nous allons d’abord en Allemagne pour affronter Rhein-Neckar Löwen jeudi et nous recevrons Cesson dimanche en championnat. Sur ce match de Ligue des Champions, les Allemands sont favoris. C’est finalement eux qui auront la pression. Nous avons quand même perdu de quinze buts là-bas l’année dernière… Mais nous allons tenter de faire un coup. Car ce n’est pas dans l’esprit de la maison de lâcher un match. Après, dimanche face à Cesson, nous devons absolument gagner pour montrer que nous sommes toujours présents en championnat.
Hand7 : Des critiques ont été faites à l’intersaison concernant Chambéry, prévoyant une année difficile pour l’équipe en championnat. Et au final, après six journées, le club est seul à la seconde place…
G. J. : Ce qui a été dit sur Chambéry à l’intersaison n’a pas plus aux joueurs. Nous répondons actuellement à ceux qui ont affirmé cela à travers nos résultats. Dans l’équipe l’année dernière, il n’y avait pas que Daniel Narcisse. Et aujourd’hui, les joueurs prouvent qu’ils existent et poussent pour aller chercher des victoires.
MG: Je pense que tu parles du championnat de France puiqu'on a déjà perdu en Ligeu des Champions . Donc je vais dire qu'il est plus probable que l'on perde un match l'année prochaine en Chpt plutot que cette année. Je m'explique , quand une équipe est nouvelle comme la notre , tout le monde est plus investi , plus concentré , à envi de justifier son recrutement et ceux qui sont là depuis un moment ont envie aussi de montrer qu'ils sont présents.Mais tout est possible, avec l'enchainement des matchs, de l'Euro en janvier, il y aura des matchs difficiles, c'est sur.
ca va mieux ce mal de dents??tu penses que vous allez reussir a tenir le rythme avec tous les matchs qui arrivent??c'est pas un peu trop charge??
MG: J'ai vu le dentiste tout à l'heure et tout est rentré dans l'ordre . Après pour l'enchainement des matchs on a eu septembre et octobre qui ont été assez cool mais c'est vrai que le planning va être plus difficile ces prochains jours mais on a quand meme 3 matchs à domicile et ce qui est le plus difficile c'est l'enchainement des voyages.
le match de chambery peut-il etre un tournant dans la saison? la concurence qu'il y a cette année a tous les postes est-elle nefaste pour le groupe ou au contraire, c'est un plus qui pousse tout le monde a travailler plus? y-a-t-il encore des titulaires indiscutables d'après toi?
MG: C'est sur que c'est un plus qui te fait avançé. Personnellement , j'ai avec moi Samuel Honrubia qui est super joueur et qui a envie de jouer donc c'est difficile mais c'est ça qui te fait progresser encore plus . Après , ce qui est dur dans notre collectif , c'est qu'il y a des très bons joueurs qui ne jouent pas trop et ça il faut l'accepter . Après il y a toujours des états d'ames mais il faut qu'il y en ai le moins possible.
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Voici une interview de Claude Onesta lors de l'emission sur le handball de la radio RTL/ Lequipe. Les propose ont été transrits par Yves Michel de Handzone :
Il les avait quittés à Nice, le 17 juin dernier au soir d’une qualification pour l’Euro 2010 acquise face au Portugal. Claude Onesta, l’entraîneur national de l’équipe de France qui est en passe de rejoindre le grand Maximov au Panthéon des cadres les plus consacrés du handball international retrouve ses joueurs dès cette semaine pour entamer une courte préparation qui les conduira dans moins de trois mois, en Autriche à l’occasion de cet Euro tant convoité. Entretien avec un entraîneur qui est loin d’être complètement rassasié.
Avec cet Euro autrichien, un nouveau défi se présente à l’équipe de France. Votre équipe sera encore attendue par tout le monde…
C’est sûr… par tout le monde et par
moi également… j’espère qu’on sera capable de bien gérer cette attente et être à la hauteur.
En 2008, après les Jeux de Pékin et avant le Mondial en Croatie, vous estimiez que c’était une autre équipe dont vous disposiez… Ce sera la même chose pour l’Euro ?
Vous savez, on a l’impression d’être à chaque fois au démarrage d’une nouvelle aventure parce que, en ayant un peu l’habitude de ce type de compétitions, je pense qu’il n’y en a pas deux qui se
ressemblent. Même quand on les joue pratiquement avec les mêmes joueurs, les paramètres sont différents, les moments sont différents, les joueurs sont dans des états de forme différents et
donc, ayant eu très peu de temps pour recomposer l’équipe, on doit trouver des équilibres qui sont souvent imparfaits. C’est toujours une nouvelle aventure qui démarre et on essaie à chaque fois
de trouver les bons réglages afin que la performance soit encore au rendez-vous et qu’on arrive au moins à masquer nos limites et nos difficultés.
On le disait, la France sera attendue au tournant. Cette équipe est porteuse d’espoirs et c’est peut-être là, le danger : personne ne la voit échouer…
Oui…
malheureusement pour moi, on va devoir gagner presque par fatalité, les gens ayant l’impression que les choses sont devenues plus simples. Alors, la difficulté pour nous est de ne pas tomber dans
cette espèce de sérénité et peut-être même de tranquillité… Mais je ne me fais pas de souci, on a des joueurs très expérimentés, qui connaissent la valeur des adversaires donc je pense qu’on n’a
pas beaucoup de crainte pour véritablement ne pas être à notre meilleur niveau. Les joueurs vont être très vigilants et l’encadrement va faire en sorte de participer à cet état de vigilance. Je
pense qu’aussi, il faudra compter sur un peu de réussite. Alors c’est vrai qu’on a des joueurs de grand talent, que l’équipe est expérimentée mais encore une fois, il faut arriver à trouver ces
petits réglages, cet état de forme, cet état de confiance, voire cette puissance que l’on peut dégager par moments quand on est bien. Si on arrive à retrouver tout ça, si on n’a pas de soucis de
blessure majeurs, on peut espérer faire partie des équipes qui peuvent dominer cette compétition. Mais pas plus que d’autres qu’on a identifiés depuis longtemps et dont on sait qu’ils sont
capables de nous mettre en grande difficulté.
Un Euro…. C’est ce qu’il y a de plus dur ?
Oui, incontestablement. C’est LA compétition la plus relevée en matière de handball donc ça veut dire qu’on ne gagne pas
un championnat d’Europe sans que cela relève de l’exploit. Donc on sera à la recherche de notre meilleur niveau et des exploits nous permettant de l’emporter.
La préparation débute cette semaine avec deux matches à l’extérieur contre la Serbie (mercredi à Nis) et l’Espagne (dimanche à Madrid). Vous avez choisi deux adversaires de haut
niveau qui seront aussi à l’Euro….
Oui… je crois qu’aujourd’hui, dans le contexte international, si on veut rentabiliser les moments de rencontres de l’équipe de France, il faut
proposer aux joueurs des oppositions de valeur parce qu’ils ont certes plaisir à se retrouver mais aussi plaisir à être dans le vif du sujet. Ce n’est pas un service à leur rendre que de leur
mettre des matches trop faciles dans lesquels ils risquent de ne rentrer qu’à moitié, où on risque plus de s’agacer que d’avoir le sentiment de vraiment avoir bien travailler, donc, là, on n’a
pas choisi facile puisqu’on va jouer deux matches à l’extérieur face à des équipes que l’on recevra par la suite : les espagnols seront au tournoi de Bercy en janvier et les serbes, nous aurons
l’opportunité de les jouer deux fois également en janvier. La Serbie, c’est toujours dur dans un contexte qui ne nous est pas tout le temps favorable avec beaucoup de pression et l’Espagne,
on la connait, ça reste une valeur sûre du handball international et chez elle, elle voudra faire un match référence contre l’équipe championne olympique et championne du Monde. Partout où on va,
c’est un peu le match de l’année pour les équipes que l’on rencontre donc quand en plus, elles font partie du gotha de ce sport, ça veut dire que l’on ne peut pas prendre les choses à la légère
et on devra s’investir sur ces matches-là.
Vous avez sélectionné 18 joueurs pour ces deux confrontations. Il y a 14 champions du Monde dans cette liste et comme vous l’aviez fait pour Xavier Barachet, avant le Mondial, vous
avez invité Cyril Dumoulin, Igor Anic et Damien Waeghe à venir vous rejoindre. Du sang neuf indispensable ?
On a sûrement réussi depuis une quinzaine d’années avec l’équipe de
France à faire qu’il n’y ait pas de rupture dans les résultats mais également qu’il n’y ait pas de cassure dans les équipes et les générations. La réussite du projet passe aussi par cette
constante : faire durer les meilleurs et installer progressivement des jeunes joueurs qui vont peu à peu réussir à devenir des joueurs-cadres de cette équipe. Donc, on pense que ces trois-là
(Dumoulin, Anic et Waeghe) sont des joueurs d’avenir. Ils n’auront pas un rôle majeur à jouer immédiatement mais ils vont progressivement prendre leurs marques, voir un peu comment les choses
s’organisent, ils pourront avoir un peu de temps de jeu sans grande pression. Notre rôle sera de les faire grandir en espérant qu’à court terme, ils deviennent des joueurs majeurs de cette
équipe. Mais je dois reconnaître qu’un joueur qui a des responsabilités en équipe de France, il est quand même là depuis deux-trois saisons. Alors, après, il y a bien-sûr des opportunités à
saisir. Les blessures par exemple, peuvent amener certains à gravir les échelons plus rapidement. Et puis, l’arrivée des jeunes, ça met aussi un peu de pression sur les épaules de ceux qui sont
aujourd’hui titulaires.
Parmi ces 18 joueurs, trois d’entre eux sont amenés à suppléer Bertrand Gille qui avait fait un break après Pékin mais qui de toute façon est blessé. Il y a Igor Anic, Grégoire Detrez
et surtout Cédric Sorhaindo. Cédric pouvait prétendre à une place de n°1 mais il se morfond en D2 avec Paris. C’est un réel handicap pour vous ?
Je ne dis pas que c’est un
handicap majeur, je dis tout simplement que c’est une contrainte. C’est vrai qu’on a trois joueurs assez jeunes sur ce poste, des joueurs à fort potentiel, encore loin du calibre de Bertrand
Gille mais c’est difficile de jouer à son niveau, donc on essaie de trouver l’équilibre le moins précaire pour être capable de pallier cette absence. C’est vrai que Cédric Sorhaindo, au travers
notamment du dernier championnat du Monde, avait vraiment franchi un pallier. Dans les contraintes qui sont pour le moment les siennes, à savoir un niveau de jeu inférieur et sans doute, un état
d’esprit tourmenté et une force psychologique un peu défaillante, ce qu’il faut, c’est l’aider à gérer tout cela, lui permettre de vivre l’équipe de France comme une bouffée d’oxygène, comme
quelque chose dans laquelle il va pouvoir s’investir de manière totale. Après, il nous faudra voir si son état lui permet d’être opérant au plus haut niveau international.
Cette liste de 18 peut-elle bouger ? Des joueurs que vous aviez déjà sélectionnés comme Olivier Marroux ou William Accambray ont-ils encore leurs chances ?
Oui, je
pense qu’on pourrait démarrer la préparation à l’Euro, le 2 janvier (ndlr : par un stage à Capbreton), avec un groupe de 20 joueurs. Alors, est-ce que les deux supplémentaires seront les deux
précédemment cités ? (ndlr : Marroux et Accambray)… ils font partie effectivement des joueurs qui font un bon début de championnat et sur lesquels, nous avons un œil bienveillant mais il y en a
d’autres comme Rémi Calvel par exemple qui en fin de saison dernière, nous avaient montré leurs possibilités. Nous ferons la part des choses pour constituer avec les meilleurs éléments
disponibles, la meilleure équipe possible. Vingt joueurs donc, en début d’année puis nous réduirons ce groupe à 16 joueurs dans un 2ème temps de préparation pour n’amener à l’Euro que ceux qui
paraissent les plus aptes à réaliser la performance.
Au dernier championnat du Monde, la Croatie et la France étaient données super-favorites et le pronostic n’a pas été contrarié. A l’Euro, vous pensez que la compétition sera plus
ouverte ?
La difficulté d’un Euro, c’est qu’effectivement la densité des équipes de haut niveau est encore supérieure. Je dis souvent que toutes les équipes, parmi les 16 qui
sont réunies, ne peuvent pas gagner l’Euro mais toutes peuvent vous le faire perdre. C'est-à-dire que véritablement, il y a peu d’équipes qui soient battues d’emblée et vous pouvez perdre des
points et de l’espoir, sur n’importe quel des adversaires. C’est la différence avec un championnat du Monde où par le biais des qualifications continentales, on retrouve des équipes de niveau
moindre. Ca veut dire qu’à l’Euro, il faut être aussi très fort dans la durée. Il n’y a pas de match qui soit vraiment tranquille donc les équipes qui vont jouer par à-coups et qui ne sont pas
capables d’avoir une régularité dans la performance, vont au devant d’une amère déconvenue. Donc je pense que les équipes dominantes restent celles que l’on connait et puis il y a des équipes,
comme la Pologne, la Serbie ou à la Suède, qui peuvent s’affirmer dans cette compétition. C’est sûr que les croates seront encore là, même chose pour les espagnols et pour les danois, donc on va
être dans un lot de prétendants au podium très relevé. Mais bien malin celui qui pourrait dire aujourd’hui, qui sera sur le podium à l’arrivée. Donc, je vais d’abord me concentrer sur mon équipe
et faire en sorte qu’elle soit sur ce podium avant de me préoccuper des adversaires. Mais sachez-le, c’est la plus haute marche qui nous intéresse le plus.
- Votre retour en France ressemble-t-il à ce que vous imaginiez ?
« Ça devrait être le cas, mais c'est du handball, on n'est pas habitué à ça... »
- Vous auriez pu gagner plus en continuant à l'étranger. Avez-vous conscience que votre comportement est rare dans le monde sportif professionnel ?
« Oui. Là, par exemple, on était au Sportel à Monaco, mardi. On était à table et Michel Platini est venu me saluer et me féliciter d'être la première grande star du sport français à revenir jouer en France avant sa fin de carrière. Ça fait bizarre, ça m'a touché.
Mais je suis revenu parce que j'en avais envie. Je ne me suis pas posé spécialement cette question. À ce moment-là de ma carrière, c'est le choix qu'il fallait faire, ce dont j'avais besoin. En même temps, je n'avais pas non plus de propositions du double et Montpellier m'a tout de même fait une très bonne proposition ! L'argent rentre en jeu, mais ce n'était pas l'argument numéro un. »
- Quel était-il ? Le sport ? La famille ?
« Avant tout, le choix sportif. J'hésitais entre Barcelone et Montpellier. Après, avoir la
famille à côté, c'est un vrai plus. Mon petit frère Luka a commencé à jouer à Montpellier. Revenir, c'est aussi lui apporter mon expérience, ma connaissance du handball. »
- Vous vivez ensemble, la famille est un de vos piliers.
« C'est le plus important dans la vie. Nos parents passent très souvent à la maison, une ou deux
fois par semaine. On mange ensemble. On est indépendants, mais notre mère (Lala) ne peut pas s'empêcher, quand elle vient, de faire toutes les choses, comme la lessive ! Mais à Kiel, je
n'étais pas très loin, le lien n'était pas coupé. La famille n'a pas été l'argument décisif, mais je suis très heureux de pouvoir le vivre ainsi. Et avec Vid (Kavticnik, ailier slovène, ami et
partenaire à Kiel), c'est un peu pareil. »
- Comment s'est passée la redistribution des rôles, du leadership dans l'équipe ?
« L'équipe a changé, avec l'arrivée de trois nouveaux joueurs, et pas des moindres : Vid est un super joueur, Aymed Hammed, lui, est encore blessé. Patrice (Canayer, l'entraîneur héraultais) m'a en plus confié le rôle de capitaine, mais l'équipe a juste été renforcée de deux très bons joueurs de grande expérience, qui sont aussi deux fortes personnalités. Tout le monde est content et l'a bien pris. »
- Toutes ces attentes autour de vous sont-elles pesantes ?
« Je sais qu'on attend beaucoup de l'équipe et de moi, mais ce n'est pas quelque chose de
nouveau. Ç'a été le cas partout où j'ai joué, ça fait partie du quotidien. Je n'y pense pas vraiment et ça ne me pèse pas. »
- Quand on a votre stature et une équipe aussi dominatrice, taillée pour la Ligue des champions, comment se concentre-t-on sur un match de D1 ?
« Même quand on affronte un adversaire plus faible, il faut être concentré à fond. Si on peut le battre de dix, quinze buts, il faut le faire.
C'est en montrant du respect qu'on prend du plaisir. On l'a fait sur les quatre premières journées : on a très bien joué, très bien dominé(15,75 buts d'écart en moyenne !). Ce n'est pas quelque chose qui se travaille, ça appartient à chaque joueur de se concentrer. »
- Vu de Dunkerque, la venue de Montpellier apparaît comme un choc de D1. Pour vous, cela l'est-il encore ?
« Dunkerque a toujours été difficile à jouer chez lui. Je me souviens quand on y venait, lors de
mon premier passage à Montpellier, ç'a toujours été dur, dans une grosse ambiance, avec du public. D'Allemagne, j'ai suivi ces dernières années, c'est resté difficile, même si Montpellier s'est
plutôt imposé facilement. C'est toujours une place forte pour le championnat français. »
- Sportif accompli, reconnu, avec des valeurs, beau gosse : avez-vous conscience de l'image que vous véhiculez ?
« L'image que j'ai envie de donner, c'est d'essayer d'être le plus exemplaire et le plus
disponible possible. C'est important. Quand j'étais plus jeune, je regardais les sportifs à la télé, j'allais les voir jouer aussi à Montpellier, Pour moi, ils étaient des exemples et j'étais le
plus heureux à pouvoir les côtoyer. C'est ce que j'essaie de faire avec les plus jeunes, c'est aussi ça qui peut créer des vocations. Maintenant, le côté beau gosse, je ne sais pas trop... Ça
vient peut-être des photos que j'ai faites (les Dieux du Stade 2009 et son propre calendrier notamment), C'est un truc qui me met mal à l'aise de parler de ça. »
- Vous avez très tôt créé Karakomsports et développé votre image de marque. Dans quel but ?
« C'est important, car le milieu du hand n'a pas beaucoup de visibilité. Les matchs ne sont pas
retransmis sur des chaînes publiques, même si ça progresse. Plus on nous voit, plus on voit de handball. Ça demande du temps, des efforts de disponibilité. Ce n'est pas toujours facile
d'enchaîner les interviews, de répondre aux exigences des médias. On était à Monaco mardi, on rentre ce matin (mercredi), on préférerait être à la maison tranquille, à se reposer. Mais comme
c'est bon pour moi et pour mon sport, je le fais avec plaisir. »
- Justement, quelles retombées en avez-vous ?
« En notoriété, j'y gagne un peu. Revenir en France, c'était aussi une façon d'améliorer ma
visibilité, mais financièrement, je ne suis pas encore gagnant. Je ne rentre pas encore dans mes frais. Mon seul sponsor, c'est Adidas (depuis 2002). D'ailleurs Karakom , ma société de droits
d'images, au début, c'était purement fiscal, pour dissocier les revenus. Maintenant, on s'en sert pour fonctionner ; le site internet, le calendrier. On espère développer tout
ça. »
- Comment vous est venue l'idée de créer une marque de sous-vêtements ?
« L'idée nous trottait dans la tête, à Dimitri (Nita, son conseiller en communication) et moi. Le
sous-vêtement, c'est un marché qui n'était pas saturé, où il y a de la place. J'ai toujours été assez ouvert là-dessus, aimé l'image sport glamour. C'est assez fun, sexy, j'y prends plaisir.
Maintenant, c'est comme le reste, ça prend du temps, parfois c'est crevant. Mais je gère ces contraintes, j'ai fixé des limites pour que ça n'empiète pas sur les phases de
récupération. »
Le meilleur handballeur de la planète a croisé la route de la version civilisée d’une vice-championne du monde des rallyes. Bilan : zéro but, pas de carton, mais de grosses sensations.
« Mon premier souvenir automobile ? La route des vacances vers la Croatie dans la R25 familiale. On faisait Strasbourg-Split d’une seule traite. J’adorais ça... même si je dormais
durant l’essentiel du trajet sur la banquette arrière avec mon petit frère. J’ai gardé la nostalgie de ces voyages au long cours. Les grands déplacements ne me font pas peur... » D’ailleurs,
qu’est-ce qui fait peur à Nikola Karabatic ?
Pas grand-chose en vérité. Croate par son père, serbe par sa mère et français par chance (pour la France), ce beau bébé de 1,96 mètre pour 104 kilos se veut aussi doux dans la vie que dur sur le terrain.
Nikola Karabatic :« J’ai grandi avec les jeux vidéo sur Nintendo et le duel Prost-Senna en formule 1 mais, sur les murs de ma chambre, il n’y avait que des posters
de handballeurs. »
Champion de France, d’Europe et du monde, Niko, 25 ans aujourd’hui, pratique, en effet, le handball depuis qu’il sait marcher. L’apprentissage de la conduite fut un
peu plus laborieux. « Je crois que j’étais plus stressé lorsque j’ai passé le permis que le jour de la finale des Jeux olympiques à Pékin (victoire face à l’Islande 28-23). La première fois,
je me suis fait recaler pour excès de... lenteur. » Un comble pour ce droitier au bras de Robocop. Le pensionnaire de Montpellier décrochera finalement son papier rose à 19 ans lors de sa
seconde tentative : « Je jouais en équipe première, et le club était sous contrat avec Citroën. C’est comme ça que je me suis retrouvé au volant d’une Xsara. » En signant à Kiel, en
Allemagne, quelques années plus tard, celui que l’on surnomme alors Kara change de catégorie : « Nous avions un partenariat avec Audi. J’ai eu la chance de goûter à toute la gamme, dont la
fameuse R8. Quel engin ! Et sur les autoroutes allemandes... miam, miam ! »
Il n’a donc pas fallu insister longtemps pour convaincre cet amateur de sportives de venir faire l’essai de la nouvelle Focus RS. « Même si elle n’est pas très discrète, j’aime son look compét’. J’adore son volant sport et ses finitions carbone. Malgré son côté rallye, elle préserve une bonne habitabilité. Avec mon gabarit, d’ordinaire, les sièges baquets me sont interdits. Pas ici. » Lui qui aime « envoyer du lourd », lorsque le terrain s’y prête, se régale aux commandes du missile Ford : « Elle est maniable. Le moteur répond bien. C’est un vrai jouet. Elle me rappelle ma précédente Audi S3. La suspension est ferme, mais j’ai encore de bonnes lombaires. Avec cette Ford, tu as tout : le plaisir, les sensations et l’aspect pratique. Il ne lui manque que le prestige. Un peu comme une Clio RS. »
Fin analyste, monsieur Karabatic ! Et sage, avec ça ! « J’apprécie les sensations que procure la vitesse, mais je sais aussi m’en méfier. Je suis conscient du
danger qu’elle représente. En fait, j’aimerais apprendre à piloter pour me sentir plus à l’aise, et pouvoir réaliser mon rêve : m’offrir une Aston Martin. » En attendant de jouer les James
Bond dans les rues de Montpellier, le club qu’il vient de retrouver, Nikola Karabatic en termine avec son galop d’essai en Focus RS. Au moment de rendre les clés, il se fait très pragmatique,
avouant accorder une grande importance aux équipements : « Moi, il me faut un GPS. Avant, je n’en comprenais pas l’utilité. Aujourd’hui, je ne peux plus m’en passer. » Celui de la Ford
est bon, mais en option (Pack Techno, 2 000 €). Et le siège bébé, Niko, c’est pour bientôt ? « Ça, ce n’est pas d’actualité. J’ai encore envie de rouler en coupé ! »
Alors que les Femmes de Défis débutent demain face à l'Islande les matches de qualification pour l'Euro 2010, Handline vous invite à faire la connaissance de Claudine Mendy. La Havraise est considérée comme une des grands espoirs du handball tricolore. Plus jeune élément de l'armada bleue, elle a affiché une belle envie lors de la dernière World Cup, et fait le bonheur du Havre. Et elle n'a que 19 ans....
C'était le 23 septembre dernier, sur le parquet danois d'Aarhus. Comme
de coutume, la bourgade scandinave accueillait la prestigieuse World Cup, premier tournoi de préparation de la saison pour les ensembles internationaux. Au coeur de la bagarre entre l'Allemagne
et la France, Claudine Mendy a pris sa chance une première fois sur le poste d'arrière. Dans une position pas forcément favorable. Mais le ballon est allé au fond des filets. Au fil de la
rencontre, intrépide, elle enfile alors cinq perles supplémentaires sur six tentatives et termine meilleure buteuse de la rencontre. Tant habile au poste de pivot qu'au delà des neuf mètres, la
jeune joueuse originaire des Yvelines et pensionnaire du Havre depuis 2007 a séduit, convaincu.
« Je crois que j'ai simplement voulu prendre ma chance quand elle s'est présentée, explique la demoiselle. Pour mes deux premières sélections, lors des qualifs pour le Mondial 2009, ça avait été une très bonne première expérience avec la victoire au bout, dans une salle pleine à craquer, mais je n'avais pas vraiment montré ce dont j'étais capable. A la World Cup, j'ai vu que ça passait bien. J'ai poursuivi l'effort ». Tout simplement.
Et c'est sans doute là une des qualités de Claudine. Cette tranquillité, cette capacité à aborder les choses sereinement. Sans doute les réminiscences de ses années de judo. Une discipline qu'elle a pratiquée dès son plus jeune âge et pour laquelle elle n'était pas moins douée. Championne de France UNSS, elle récolte les médailles tant en individuel qu'en équipe sur les tatamis. La fédération française de judo n'est alors pas insensible à son talent. Mais la demoiselle va finalement voguer vers d'autres horizons. En parallèle du judo, elle se régale aussi du jeu de ballon. A son entrée en sixième, à Mantes, une professeur de sport l'invite à goûter au handball. « Je me disais que ce serait sympa de tenter une autre expérience », se souvient-elle. « Dans un sport collectif, il y a une notion de partage et une ambiance différente.... » Elle a aimé. A tel point que, très vite, elle rejoint les rangs du club local de l'AS Mantes. Patrice Folliot, son entraîneur de l'époque, qui deviendra au fil des ans un précieux mentor, ne tarissait d'ailleurs pas d'éloges à son sujet il y a deux ans dans les colonnes du Parisien : « En trente-cinq ans de carrière, je n'avais jamais vu une fille comme elle. C'est un phénomène sur tous les plans. Intelligente, modeste, combative et très douée. Je suis convaincu qu'elle peut atteindre l'équipe de France A d'ici deux ou trois ans ». Il ne s'était pas trompé.
"Dans une bonne dynamique"
L'ascension de Claudine est fulgurante, presque vertigineuse. Joueuse cadre des équipes nationales jeunes avec lesquelles elle participe au Mondial jeunes 2008 et à l'Euro en 2007, elle attire
rapidement les convoitises des grands clubs français. Metz, Nîmes, Issy-les-Moulineaux. Elle rejoint finalement les rangs du Havre en 2007. Le parcours est atypique et la demoiselle
rafraichissante. Pour sa troisième saison passée en Normandie, Claudine n'a pas cessé de grandir, d'avancer. Pour preuve, ces dernières prestation sous le maillot havrais, face à l'Arvor 29 en
LFH, mais surtout en Coupe EHF avec un délicieux 100% aux tirs (8/8) lors du match aller face aux Suédoises de Skövde. « C'est vrai, je crois que je suis dans une bonne dynamique en ce
moment, reconnaît-elle. Mais que ce soit au Havre ou en équipe de France, j'ai surtout des filles autour de moi qui font du très bon boulot. Je suis malgré tout très heureuse de montrer
que je suis capable d'être efficace sur le poste d'arrière, et pas seulement en pivot. Parce qu'il y a quelques années, on me disait que je ne pourrais jamais évoluer à ce poste-là, j'ai
travaillé pour y parvenir ». C'est pourtant, aujourd'hui, une évidence. La polyvalence de Claudine Mendy est un autre de ses atouts. Tout comme sa façon étonnante de relativiser les choses.
« Peut-être que la pratique du judo m'a appris à rester calme. A aborder les matches, les événements sans trop de pression. Au judo, quand vous entrez sur le tatami en début de journée,
vous pouvez être éliminée dans les secondes qui suivent. Au handball, c'est toujours frustrant de manquer la cible quand on lâche un tir, mais il y a toujours l'occasion de rattraper son
erreur ».
Athlétique et habile, forgée à l'école de la rigueur et dessinée pour le haut niveau, la Havraise est définitivement promise à un bel avenir. Et garde, malgré son jeune âge, la tête bien vissée sur les épaules et affiche une délicieuse humilité. « Je crois qu'il ne suffit pas d'avoir du talent. Il faut se fixer des objectifs pour continuer d'avancer et prendre du plaisir ». On espère que ce sera encore le cas face à l'Islande.
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