Sur le site de coach365, P. Bana revient sur l'Euro
:
Philippe Bana, quel bilan tirez-vous de l’Euro norvégien ?
Chaque fois que l’équipe de France se secoue, se donne des objectifs, se bagarre, se dispute, bouge, est vivante, elle va chercher un résultat quelconque. Ce mois-ci, on l’a encore prouvé.
L’équipe de France a vécu des moments de souffrance, des moments de plaisir. Elle a été à la bagarre, a fait preuve de volonté forte et a connu l’accablement complet après la demi-finale face à
la Croatie. Même si il manque cette médaille que l’on espérait conserver, on a ouvert la voie olympique. Ça pérennise simplement le hand français. On peut le voir comme une espèce de diesel, un
truc qui résiste à tout ce que l’on a bien voulu raconter. En 95 on a entendu dire que c’était fini, que cette équipe était morte. Et puis après les Barjots il ya eu les Costauds. Maintenant, il
y a autre chose. Ça ne s’arrête pas.
Pouvez-vous revenir sur cette demi-finale perdue face à la Croatie ?
Il nous faudra certainement, à l’avenir, trouver les clefs de certaines nations. Les clefs contre la Croatie, on ne les avait pas tant que ça. On a beaucoup dit avant qu’on les avait pas mal
battus et ils nous l’ont fait à l’expérience, comme de vieux renards. Nous sommes tombés dans le piège. Tout cela signifie que nous sommes encore un peu jeunes. Nous avons un meneur de jeu qui
s’appelle Nikola Karabatic, que Claude a promu au rang de leader et qui a peut-être encore besoin d’apprendre.
On a souvent reproché à Claude Onesta le manque de rotation de l’effectif. Pensez-vous que cela ait pu jouer ?
Il ne faut pas oublier que, en Norvège, il nous manquait Michaël Guigou et Joël Abati. Claude a pris une position mais on aurait critiqué l’inverse si c’était ce qu’il avait choisi de
privilégier. Au début de Mondial 2007, on critiquait le fait qu’il y avait trop de rotation, là, le fait qu’il n’y en avait pas assez. Je pense que c’était un risque mais, personnellement, je
pense qu’il a bien fait de faire ce choix. Il y a eu, dans tout cet Euro, un niveau de jeu extrêmement élevé. La cassure a été assez forte. Il aurait peut-être fallu trouver un peu plus de génie
face à la Croatie, une adaptation tactique différente, mais je ne pense pas que d’autres joueurs les auraient battus.
Forcément content de décrocher le bronze européen avec ses camarades de l'équipe de France, dimanche à Lillehammer (Norvège) face à l'Allemagne (36-26), Olivier Girault, le capitaine des Bleus, se projette déjà vers le prochain tournoi de qualification olympique de mai prochain à Bercy. Il s'est expliqué au micro de nos confrères de Sport +.
Olivier Girault, cette médaille de bronze fait du bien.
Oui. Les Allemands se sont retrouvés dans la même situation que nous l'an dernier, c'est-à-dire sortir d'un Championnat victorieux et ensuite connaître la défaite (Ndlr : lors des Mondiaux 2007,
la France arrivait avec un titre de champion d'Europe 2006 en poche et avait échoué lors du match pour la 3eme place contre le Danemark après avoir perdu en demi-finale contre l'Allemagne). Pour
se remobiliser, c'est difficile. Cette année, c'était leur tour. Nous, on savait déjà ce que c'était de finir au pied du podium et on ne voulait surtout pas que ça se réitère. Donc, même si
c'était dur samedi après la défaite, on a trouvé la force de se remobiliser. On s'est parlé, on a regardé la vidéo, on a discuté, pour voir comment aborder ce match. On savait que c'était un
match « à l'envie » et, aujourd'hui (dimanche), mes coéquipiers ont montré qu'ils avaient envie et qu'ils ne laissaient jamais tomber. C'est important pour la suite.
Ce n'est que la deuxième médaille continentale de l'histoire du hand masculin français, c'est important parce que l'Euro est la compétition la plus relevée…
Dès que l'on peut monter
sur un podium, il faut le prendre parce que les occasions sont trop rares. On connaît les difficultés à traverser pour arriver sur un podium. Ça devient de plus en plus dur, les matchs sont très
rapprochés… Huit matchs en dix jours, c'est hallucinant ; En tout cas, cette équipe ne galvaudera pas cette médaille, elle est importante.

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