Première journée à Changzhou, l'équipe de France prend peu à peu ses marques avant le Mondial qui débutera samedi 5 décembre face au Brésil.
Pour la première fois depuis 2003, l'équipe de France s'est imposée dans son jardin de Coubertin. En battant le Brésil qu'elle retrouvera dès le premier match du Mondial, elle s'est aussi nourrie de certitudes sur ses capacités à jouer un rôle en Chine.
« C'est indéniablement le meilleur match du tournoi » s'est réjoui Olivier Krumbholz. Le plus abouti, le plus entraînant aussi. Après deux premières minutes proches de la catastrophe, l'équipe de France a su mener sa barque en s'appuyant sur une défense toujours aussi efficace, une Cléopâtre Darleux de classe mondiale et un jeu offensif qui a trouvé son sens. Handline vous propose de dresser point par point le bilan de ce TIPIFF avant de se projeter vers l'avenir... et la Chine.
L'attaque
« Il y a eu du mieux à chaque match. Après une partie délicate face au Monténégro et une défense 5-1 très agressive, les filles ont été plus efficaces devant le Portugal qui proposait le
même type de défense. Face au Brésil, on n'a pas forcé les tirs, on a été tranchantes et on a proposé de beaux décalages ! C'est monté crescendo et c'est une bonne chose. » Raphaëlle
Tervel, la capitaine des Bleues qui a suivi les débats depuis les tribunes ce week-end en raison d'un dos douloureux ne cachait pas sa satisfaction d'avoir vu ses copines de plus en plus à l'aise
dans ce secteur de jeu. Le Portugal avait déjà pansé quelques plaies, permis d'entrevoir des Françaises plus incisives. « La base arrière a affiché une certaine aisance avec plus de
fluidité dans la circulation de balle », résume Olivier. En effet, face au Brésil, les tricolores ont pris une nouvelle dimension en proposant davantage de fluidité et
d'enchaînements.
La défense
« C'est solide, mobile, bien articulé et solidaire ». Il ne manque rien dans les propos de Raphaëlle Tervel. La défense demeure le point fort des Bleues ce qui leur a permis de
monter beaucoup, beaucoup de ballons. Et dans les buts, Amandine Leynaud et Cléopâtre Darleux très en verve ce soir s'en sont donnée à coeur joie. « Elles sont toutes les deux en
très bonne forme », poursuit Olivier Krumbholz. « Et si Linda est peut-être un peu en retrait, elle a également de belles qualités ». Du béton, on vous dit.
L'état d'esprit
Remporter le dernier tournoi de préparation avant de rejoindre le gotha mondial est toujours une très bonne chose. « C'est toujours bon à prendre, confirme Raphaëlle. Cela
permet peut-être de prendre un petit ascendant psychologique sur le Brésil, d'emmagasiner de la confiance. Et puis, c'est rare que les Bleues s'imposent à Paris ! » L'entraîneur des
tricolores et la gardienne des Femmes de Défis mettent pourtant en garde leur clan. « Je pense que le Brésil a joué un match de travail et qu'il abordera celui du Mondial avec beaucoup
plus d'agressivité ce qui donnera sans aucun doute une toute autre physionomie. » Et Cléopâtre Darleux de poursuivre. « Je pense que là-bas, les deux équipes auront davantage la
rage. Le contexte sera forcément différent. Il faudra redoubler d'effort. »
Les priorités
S'il y a bien un secteur où les Bleues ont péché tout le week-end, c'est dans la finition (26 buts sur 54 tentatives hier). « On doit cependant être plus adroit que ça aux tirs de
près », souligne Olivier Krumbholz. « Et puis la finition. Même si aujourd'hui, je préfère qu'on trouve les solutions et qu'on ne les mette pas au fond, ça veut dire qu'il y a
de bonnes choses à faire. Il va également falloir insister sur la continuité dans le jeu, reprend Raph'. Il y a encore du travail à ce niveau-là. En défense, il faut rester vigilante
tout le long du match parce que dès qu'on s'oublie un peu on le paye. »
Les blessées
Alexandra Lacrabère est donc rentrée à Toulouse pour être soignée de façon intensive et envisager, peut-être, l'espoir de prendre part à la fête en Chine. Le staff a donc rappelé Alice Lévêque
pour qu'elle participe, tout du moins, à la fin de la préparation. Du côté de Mariama et Raphaëlle, les nouvelles sont positives. « Je vais beaucoup mieux, j'ai pu m'entraîner avec les
filles, surtout en défense. J'espère que ça ira encore mieux d'ici dix jours... », souffle encore la capitaine tricolore. On espère aussi !
Résumer du match par Handzone :
Avant le match "pour de vrai" dans 2 semaines à Pékin, Françaises et Brésiliennes se rencontraient pour la victoire de ce 7ème TIPIFF. Un match pas que pour du beurre donc, et une superbe répétition avant une quinzaine chinoise très attendue. Restait à savoir si les bleues allaient pouvoir monter en puissance face à des Jaune et Vert surfant sur une bonne dynamique...
Bonne idée de Celia Costa d'envoyer la balle dans les travées de Coubertin. Dembelé ayant perdu la sienne, les bleues auraient pu subir un 3-0 d'entrée de jeu, Diniz et Lima ayant trouvé les espaces (0-2, 3ème). Un peu prise à froid, les tricolores vont vite réagir. La défense s'installe, les ballons montent et Dembelé boucle un 4-0 en 150 secondes chrono (4-2, 7ème). Avec Deroin prenant les shoots gagnants à 9 mètres et une défense perturbant parfaitement la base arrière brésilienne, les bleues s'échappent malgré quelques petites approximations dans le dernier geste (7-4, 19ème). Imperfections qui vont se poursuivre et empêcher les bleues de profiter de leur ascendant. Mendy tire à côté, Baudoin bute sur Arenhart, Deroin redonne un ballon durement gagné et Rodrigues peut conclure le 3-0 du retour au score (8-8, 24ème).
A quoi sert un temps mort ? La réponse est fournie par Olivier Krumbholz relançant son équipe un peu en difficulté. Ainsi requinquées, les bleues repartent à l'assaut d'une forteresse brésilienne pas si imprenable que ça. Katty Piejos passe au dessus de Da Silva avant de s'envoler vers les nuées pour y cueillir un fruit rond aussitôt offert à Goudjo.
Quatre buts d'avance à la pause et 6 dès le retour sur le terrain, Pineau à la gratte et Limal en force prolongeant la domination au delà du repos (14-8, 32ème).
Appliquées en attaque, les bleues ont la main sur le match. Piejos chabalise Pessoa rentrée à la place de De Paula coupable de trop de proximité avec Dembelé lancée vers son but. Et comme Pineau
prend le jeu à son compte, Morten Soubak ne peut que poser un temps mort censé stopper l'hémorragie (19-12, 41ème).
Cà ne va pas vraiment changer la donne pour les Jaune et Vert. Costa en lobe et Anastacio itou font tout de même perdurer le sentiment d'un possible retour. D'autant que De Paula gagne le duel des havraises, Vanparys échouant sur sa coéquipière après l'avoir battue sur 7 mètres quelques instants plus tôt (21-16, 50ème). Simple sursaut d'orgueil des sud américaines. Cléopatre méritant un César, Darleux enchaine les "stop and go", envoyant Dembelé ou Mendy boucler victorieusement une heure de jeu très convaincante. Maintenant direction Pékin pour des bleues en marche vers leur tout jeune destin.
France - Brésil
26-18 (Mi-temps : 12-8)
France : Leynaud (2 arrêts, 30 min.), Darleux (15 arrêts dt 1 pen., 30 min.) ;
Goudjo (2/3), Dancette (1/3), Ayglon (2/4), Pineau (4/7), Mendy (4/6), Baudouin (1/4 dt 1/2 pen.), Jelic, Dembélé (3/5), Deroin (2/3), Vanparys-Torres (2/5 dt 2/2 pen.), Limal (2/6), Piejos (3/6)
Brésil : Arenhart (8 arrêts, 30 min.), De Paula (13 arrêts, 28 min.), Pessoa (0 arrêt, 2 min.) ;
Diniz (3/4), Da Silva F. (0/2), Costa (2/7), Da Silva R., Da Silva F. (0/1), Rodrigues (1/4), Rosas (0/1), Dos Santos, Anastacio (3/6 dt 1/ 2 pen.), Pinheiro (4/7), Lima (1/2 dt 0/1 pen.), Amorim (3/11), Gris (1/1)
Olivier KRUMBHOLZ : "La défense a bien tenu, on a pu travailler deux dispositifs. Il y a eu beaucoup de difficultés aux tirs en première période, ça a été mieux en seconde mi-temps. Et on a retrouvé la qualité essentielle de l'équipe de France qui est, quand elle ne joue pas très bien en attaque, de ne rien concéder en défense. C'était quand même une marque de fabrique il y a quelques années, c'est peu à peu en train de le redevenir. C'est quand même la meilleure des garanties pour réussir quelque chose ensemble. Je trouve les filles sur la bonne voie avec un collectif qui se met en place ce qui permet aussi à tout le monde de s'exprimer. Celles qui avaient moins joué contre le Monténégro ont eu davantage de temps de jeu. On commence à entrevoir l'avenir avec un peu plus de sérénité même s'il faut rester modeste et être conscient que ce sera beaucoup plus difficile au Mondial au niveau de la valeur des adversaires mais c'est très encourageant."
Allison PINEAU : "C'est rassurant. Cela fait du bien de se retrouver un peu en attaque. C'est vrai que ça fait quelques semaines que ce n'était pas le cas en club. Je pense
qu'Olivier me fait confiance, que j'ai un rôle important à jouer dans cette équipe. Je suis consciente d'avoir pas mal de responsabilités autant en défense qu'en attaque. C'est quelque chose que
je me dois d'assumer ce dont je n'étais peut-être pas capable il y a quelques temps."
Audrey DEROIN : "Je me sens en partie soulagée. C'est vrai que ça fait un an que j'évolue en équipe de France et j'ai un peu de mal à trouver mes repères. Aujourd'hui, j'ai mis du temps à rentrer dans le match... Jouer à Coubertin, c'est un peu impressionnant. J'ai finalement réussi à me libérer un peu de tout ça. Mais rien n'est encore acquis. Mais c'est vrai que ça fait plaisir pour une fois."
Pas de changement côté tricolore par rapport aux 14 joueuses présentes sur la feuille de match face au Monténégro. A un détail prés, la rentrée de Linda Pradel en
lieu et place d'Amandine Leynaud, excellente hier. La première balle d'attaque ne fait pas long feu. Barbosa chipe la seconde passe de Vanparys et court transformer l'avantage. Dans la foulée,
l'arrière gauche de Brasov récidive à plus longue distance, son 918ème but international (1-3, 4ème). Dépassées les bleues ? Nenni ! Simple petit retard à mettre en route. Et le 4-0 passé en 55
secondes chrono et bouclé par Baudoin au doublé va parfaitement répondre aux éventuelles inquiétudes de retrouver des bleues sans verve offensive (5-3, 6ème). Les filles d'olivier
Krumbholz vont sembler avoir trouvé le rythme, avant de retomber dans leurs travers. Limal, Pineau ou Jelic gâchent une suprématie tout juste entraperçu, les tirs pris sans conviction
ou mal préparés profitant aux portugaises qui, elles, ne ratent pas la cible. Un temps prise en stricte, Barbosa va chercher à droite les espaces qu'elle n'a plus à gauche avant que l'intervalle
trouvé par Seabra, l'autre grosse buteuse lusitanienne (798 buts) ne ramène le Portugal à égalité, obligeant Olivier Krumbholz à poser justement son temps mort (10-10, 20ème).
Par deux courses décidées, Dembelé va confirmer que les temps morts ne sont pas inutiles, 2 buts complétés par un 3ème signé Limal, parfaite dans son un contre un (13-10, 24ème). Mais le jeu de yoyo va reprendre de plus belle côté tricolore. Goudjo perd un ballon, Dancette visite la zone, Pineau marche plus que de raison et les bleues laissent Pereira égaliser (14-14, 29ème). La France est tout heureuse de rentrer au vestiaire avec deux d'avance, deux buts signés Paule Baudoin s'arrachant aux 6 mètres (16-14).
Cet avantage, les bleues vont parvenir à le conserver et même à le faire fructifier dès la reprise. La tonicité de Goudjo, l'opportunisme de Baudoin à la réception d'un renvoi de Pereira sur un tir de Mendy, et un beau contrepied suivi d'un lobe signés Pineau, et la France fait le break (25-19, 40ème). Un peu plus tôt qu'hier, Cléopatre Darleux fait quelques arrêts réflexes sur Pereira ou Barbosa et même à pleines mains sur Sousa. Sans trop s'employer, les bleues peuvent essayer de gérer le dernier quart d'heure.
Ce qui va être fait, dans le même tempo, entre belles phases de jeu conclues par Dembelé et Deroin et approximations coupables ne permettant pas de prendre vraiment le large (28-23, 52ème). Heureusement la défense tient le choc, et plutôt bien, les portugaises payant logiquement leur déficit physique. Au final, après un ballon chipé à Vanparys par Sousa, les bleues signent une victoire logique, mais qui eut pu être plus large. Face au Brésil pour la finale de ce TIPIFF, il faudra être bien plus régulier pour espérer l'emporter. Et faire ainsi le plein de confiance avant de se rendre en Chine pour un mondial qui pourrait être compliqué.
Raphaëlle TERVEL : "Cela a été un match au couteau. Cela a joué super agressif. On a eu du mal au début du match, surprises par leur agressivité parfois à la
limite de la régularité. On a eu peu de jeu collectif et on a manqué de percussion sur les tirs de loin. Ca nous a fait du bien de marquer en contre-attaque. L'important, c'était de gagner, mais
on a encore besoin de travailler. On n'a pas encore le groupe au complet (Tervel est blessée, ainsi que Signaté et Lacrabère, ndlr), il faut qu'on fasse avec. Ca va être tendu face au Portugal,
qui a bien tenu tête au Brésil vendredi."
Eric BARADAT : "Cela a été un match de faux semblant. Il ne faut pas accorder plus d'importance que cela au résultat. Les performances ont été très contrastées, tant sur le plan individuel
que collectif avec des filles qui ont montré de belles choses, et d'autres qui sont passées au travers. Tout a été dans le contraste. On doit faire avec certaines absences. Maintenant, gagner
20-18 et ne prendre que 18 buts face au Monténégro reste intéressant. Il ne s'agit que d'un premier match de préparation, on est juste au début. On va en baver samedi face au Portugal."
Claudine MENDY : « Dur, dur ! Mais je crois qu'on a fait un bon match face à une équipe qui, même si elle ne va pas au Mondial, a été performante et nous a posé beaucoup de problème. Il
reste malgré tout des détails à régler. Ce que je peux dire, c'est que je me sens bien dans ce groupe, que tout le monde est à l'écoute ».
Olivier KRUMBHOLZ : « Il y a des joueuses en bonne forme, et d'autres plus en difficulté. Je ne suis pas étonnée du déroulement de la rencontre. Ce qu'elles ont proposé en défense était
très intéressant, nous n'avons pas trop souffert des permutations, j'ai trouvé les filles vaillantes et solidaires. Après, beaucoup plus de mal en attaque parce qu'on a enterré beaucoup de
ballons et qu'on a manqué de finesse technique. Je retiendrai malgré tout qu'elles y ont mis du coeur pour pouvoir s'en sortir. »
Amélie GOUDJO : « Je veux retenir la victoire, et on est parvenu à les tenir à deux longueurs. On a manqué de volume en attaque mais la relation avec le pivot a bien fonctionné. Elles nous ont mis des sacrés coups mais on a résisté et puis les montées de balles ont été efficaces ».
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