Philippe Bana affichait un grand sourire dimanche. Pour le DTN français, la cinquième place des Bleues et l’organisation d’un Mondial réussi ont permis de
relancer un handball féminin au bord du gouffre il y a à seulement deux ans.
Philippe Bana, ce Mondial a-t-il répondu à vos attentes ?
Je l’avais imaginé exactement comme ça, avec des animations autour, 200 000 spectateurs et des Bleues proches du bout de la compétition. C’était un rêve qui, grosso modo, s’est réalisé. On vit un
vrai bonheur parce qu’on avait rêvé d’un truc alors qu’on était au fond du trou. En juillet 2005, les Chinois étaient archi favoris pour l’organisation. On la gagne et aujourd’hui (dimanche) on
termine cinquième. C’est magnifique.
Et en ce qui concerne le bilan sportif ?
Il est extrêmement positif. On est passé de la douzième à la cinquième place en deux ans. Ces sept rangs gagnés sont miraculeux. L’échec du quart de finale a fait mal mais on a su recréer une
dynamique autour du handball féminin. J’avais peur de la mort après le Mondial 2005. Je pensais que les anciennes allaient toutes partir. On a relancé ça avec l’organisation du championnat du
monde, d’un niveau sportif et émotionnel inespéré. Les filles ont réussi un incroyable rebond, au-delà de ce qu’on pouvait imaginer. Elles nous ont sauvés de l’oubli. Au-delà de ça, leur
performance a remis en lumière le sport collectif féminin. Ce qui prouve que tout est possible quand tu veux aller chercher l’énergie des gens et être inventif. Même avec une équipe qui n’est pas
la meilleure du monde.
Il était également important de bien se placer dans la course à la qualification olympique…
Oui, c’est d’autant plus important que le handball est devenu un sport très olympique. Y retourner pour la troisième fois consécutive aurait un sacré sens. Tout le sport collectif français
souffre en ce moment et on a montré qu’il n’y avait pas de malédiction. Elles en ont fait leur challenge dès la défaite en quart de finale, en se projetant vers les Jeux. C’est une vraie vision.
Maintenant, la route est un petit peu plus dégagée mais il faut quand même faire attention. On va retrouver la Corée du Sud et il faudra se méfier du pays africain. Ce ne sera pas un tournoi
aussi simple que ça même si on est s’est mis dans les meilleures conditions pour aller à Pékin.
« Se structurer autour de ce Mondial »
Que faudra-t-il améliorer pour décrocher une médaille aux JO ?
Il va déjà falloir réintégrer des filles qui étaient absentes alors qu’elles avaient été des joueuses phares de l’Euro 2006, comme Paule Baudouin et Angélique Spincer. Elles ont parfois manqué
quand on aurait eu besoin du bras d’Angélique ou de la vivacité de « Pauli ». Ces petites choses seront un plus dans les mois à venir. On est en train de se structurer autour de ce Mondial.
Olivier (Krumbholz) a reconstruit des rôles avec l’encadrement, fait renaître des filles qui avaient quasiment disparu. Tout ça donne l’impression d’une maison en train de se solidifier alors
qu’elle pouvait partir en sucette il y a un an et demi.

Exsangue après le succès sur la Corée du Sud où elle a été élue meilleure joueuse de la rencontre, Véronique Pecqueux-Rolland a pris le temps de
récupérer avant de revenir évoquer ce Mondial.
Qu’est-ce qui prédomine après ce match : la joie de finir sur un succès ou le regret de ne finir que 5e ?
Véronique Pecqueux-Rolland : Je pense qu’il restera toujours cette petite déception de ne pas avoir accroché le podium. Même si l’on avait toutes affirmé que l’objectif était le
quart de finale, il est évident que lorsqu’on s’investit autant que nous l’avons fait, c’est pour une médaille. Maintenant, on a su se battre jusqu’au bout. On aurait pu s’écrouler après le quart
mais le groupe n’a rien lâché et c’est intéressant pour l’avenir. On a tellement donné depuis des mois pour cette compétition que l’on se devait de faire un dernier effort, de puiser au fond de
nous-mêmes pour décrocher cette 5e place, qui nous permettra d’organiser le tournoi qualificatif olympique.
Comment cette équipe de France fait-elle pour toujours trouver des ressources physiques et mentales ?
Véronique Pecqueux-Rolland : Je ne sais pas… Cet objectif de finir 5e était important pour s’éviter un long déplacement en Corée. Il n’y a pas eu de médaille au bout, mais je
crois que l’on a réalisé un beau Mondial.
Peut-on vous demander ce qu’il y a d’écrit sur vos chaussures ?
Véronique Pecqueux-Rolland : Oui, j’ai écrit le prénom de mon fils dessus, comme ça j’avais l’impression qu’il était avec moi et qu’il me soutenait (sourire). Je lui avais promis
une médaille pour ce Mondial et cela a été dur de lui faire comprendre que maman ne tiendrait pas sa promesse. Mais en échange, je lui ai proposé celle de Pékin, cette fameuse médaille olympique
qui nous manque.
On sent que vous avez déjà toutes les yeux braqués sur ces JO…
Véronique Pecqueux-Rolland : Oui, on se tourne déjà vers Pékin. Comme le disait Olivier (Ndlr : Krumbholz), avant chaque olympiade, on parvenait toujours à prendre une médaille
et après on se ratait. Cette fois, on va essayer de faire l’inverse.
En plus, Raphaëlle Tervel a déjà affirmé que pour vous venger de ce Mondial, vous en décrocherez une à Pékin…
Véronique Pecqueux-Rolland : Oui, Raphaëlle Tervel nous l’a assuré (rires). Non, plus sérieusement, c’est vrai qu’après la déception de ce quart, le fait que Raph nous remette de
suite dans l’optique des Jeux nous a fait du bien. Cela a remis les choses en perspective et puis j’espère bien sûr que notre voyante ne s’est pas trompée (rire).
Victorieuse de la Corée du Sud pour son dernier match dans la compétition (26-25), l'équipe de France a finalement terminé à la 5e place de son Mondial. Mais pour
notre consultant, Denis Lathoud, cette place «n'est pas du tout un échec», bien au contraire. Elle permet à la formation tricolore d'entretenir l'espoir de disputer les
JO de Pékin, avec aussi la possibilité de voir une dernière fois les cadres s'exprimer auxquelles il faut «tirer un grand coup de chapeau».
« Denis Lathoud, le Mondial se termine finalement plutôt bien pour l'équipe de France ?
Oui, d'autant que ce n'était pas facile de se remobiliser après ce quart de finale perdu jeudi contre la Roumanie. Contre la Hongrie tout d'abord samedi, c'est une
équipe de France pleine de courage et d'envie qui a réussi à faire la différence. Contre la Corée du Sud dimanche, la France a été beaucoup plus malmenée. Même si le dernier quart d'heure a été
complètement fou avec deux équipes qui cherchaient le K.-0., ça a tourné en faveur des Bleues qui ont mérité leur victoire. La France finit donc cinquième et c'est tant mieux parce qu'on va
organiser le tournoi préolympique.
Ce qui est de bon augure pour les Jeux Olympiques.
Tout à fait, pour la simple et bonne raison qu'il aurait fallu aller en Corée du Sud en cas de défaite. Et aller là-bas, ça signifie beaucoup de choses : le
déplacement, les kilomètres, le décalage horaire. En plus, jouer à l'extérieur face à des équipes d'Asie et d'Afrique, ce n'est jamais simple, notamment avec l'arbitrage, donc il faut mieux être
chez soi pour les jouer et pour avoir toutes les chances de se qualifier pour les JO.
Ce sera aura aussi l'occasion de voir une dernière fois en action la génération des Pecqueux-Rolland, Wendling, Tervel ou Cano.
Oui et puis il faut en plus leur tirer un grand coup de chapeau puisque face à la Corée du Sud, ce sont elles qui ont inscrit les derniers buts. Valérie Nicolas a
encore aussi été nommée meilleure gardienne de la compétition. Ce n'est pas simple d'avoir cette longévité. Elles ont longtemps porté l'équipe de France à bout de bras donc chapeau Mesdames,
votre cinquième place n'est pas du tout un échec.
La Norvège en revanche a échoué en finale contre la Russie.
Oui et c'est d'ailleurs un résultat logique. A la mi-temps, les Russes avaient déjà quatre buts d'avance face à des Norvégiennes un peu empruntées qui n'avaient sans
doute pas totalement digéré la demi-finale très difficile de samedi contre l'Allemagne. Elles se sont montrées beaucoup moins tranchantes et ont perdu beaucoup de ballons faciles. Face à des
Russes impressionnantes de maîtrise et qui avaient rencontré beaucoup moins de difficultés samedi contre la Roumanie, vingt-quatre heures après seulement, ça ne pardonne pas.
La blessure très tôt dans le match de Gro Hammerseng n'a-t-elle pas pesé lourd en défaveur de la Norvège ?
Non, je ne pense pas. La Russie était simplement plus forte. La Norvège a bien trouvé quelques solutions parfois en passant par les ailes mais n'a pas assez insisté
dans ce domaine de jeu. Et puis la grande force de la Norvège, ses montées de balle rapides, a parfaitement été annihilée par la défense russe.
La Russie mérite donc son titre. Selon vous, elle est bien la meilleure équipe du monde en ce moment ?
Oui, d'autant plus qu'elles ont perdu sur blessure leur arrière droite gauchère en début de compétition. Si on rajoute une gauchère dans cette équipe, elle devient
bien la formation la plus complète du monde. Par rapport à la Norvège, le sept de départ est peut-être discutable. Mais si on regarde le groupe russe dans son ensemble, elles sont toutes du même
niveau, il y a cinq ou six arrières à plus d'1m85 qui jouent toutes au même rythme, qui sont imposantes physiquement et qui courent vite. C'est vraiment très costaud.
Pour conclure, quel bilan dressez-vous de la compétition ?
C'est une vraie réussite pour le handball féminin mais aussi pour le handball en général. Les salles étaient souvent pleines et croyez-moi ce n'est vraiment pas facile
de remplir des salles. Que ce soit à Metz ou à Dijon, le public a toujours répondu présent. L'organisation a été parfaite jusqu'au bout, jusqu'au final en apothéose à Bercy devant 15 000
personnes. Même si les filles ont joué leurs derniers matches relativement tôt, il y avait quand même 12 000 personnes, ce qui prouve bien que le handball en France est porteur. Maintenant, c'est
à la Fédération de travailler pour encore améliorer le statut des clubs et encore continuer à progresser. »
photo: femmes2defis



Grâce à sa victoire sur la Norvège (29-24), dimanche à Bercy, en finale du championnat du monde, la Russie (photo L'Equipe) conserve son titre mondial
acquis à Saint-Pétersbourg en 2005. Les deux équipes sont d'ores et déjà qualifiées pour les JO de Pékin, au même titre que le Brésil, le Kazakhstan (champions continentaux), et la Chine (pays
organisateur).
Revanche on attendait, revanche il y a eu. Défaite par les Scandinaves il y a un an en finale de l'Euro à Stockholm (27-24), la Russie a prématurément mis fin aux espoirs de victoire des
Norvégiennes à Bercy dimanche. Après un début de match équilibré où les deux équipes sont restées au coude à coude, Anna KareevaGro Hammerseng sur blessure après
12' de jeu en deuxième période (nez), conjuguée au l'efficacité d'Inna Suslina dans son but (16/38), n'ont pas permis aux joueuses de Marit Breivik de recoller au score. Il leur
faudra encore patienter pour réitérer le doublé Euro - Mondial, qu'elles avaient réussi en 1998 et 1999... en dominant une certaine équipe de France en finale (25-24 a.p.).
a permi aux siennes de faire le trou (14-11 à la 28e) et prendre un net avantage à la pause (16-12). La sortie de la meneuse norvégienne
Vous avez dit